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November 13th, 2006

Aujourd’hui comme hier : Utiliser le Coran pour justifier le terrorisme

(Page 30 du P.I.G.)
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Dans un sermon diffusé par la chaîne de télévision officielle de l’Autorité palestinienne en 2000, Ahmad Abu Halabiya, un membre du Conseil de la Fatwa (dont les membres sont nommés par l’Autorité palestinienne), déclare ceci :

« Allah le Tout-puissant nous a ordonné de ne pas nous allier aux Juifs ou aux Chrétiens, de ne pas les apprécier, de ne pas devenir leurs associés, de ne pas les soutenir, et de ne pas signer d’accords avec eux. Celui qui fait une de ces choses est l’un d’entre eux, comme Allah le dit : « Ô vous qui croyez, ne prenez point les Juifs et les Chrétiens pour alliés, parce qu’ils sont alliés les uns avec les autres. Quiconque parmi vous les prend pour alliés sera en effet l’un d’entre eux (…) N’ayez aucune pitié sur les Juifs, n’importe où ils sont, dans n’importe quel pays. Combattez-les, partout où vous êtes. Partout où vous les rencontrez, tuez-les. »

Dans cet extrait, Abu Halabiya citait les versets du Coran V:51 (“Ô les croyants ! Ne prenez point les Juifs et les Chrétiens comme alliés (…) ») et IX:5 (” (…) tuez les infidèles où que vous les trouviez ! (…) »).Il poursuit ensuite en appliquant ces mots à la situation politique actuelle :

« (…) Où que vous soyez, tuez ces Juifs et ces Américains qui sont comme eux, et ceux qui les soutiennent. Ils sont tous dans la même tranchée, contre les Arabes et les Musulmans, parce qu’ils ont installé Israël ici, en plein cœur du monde arabe, en Palestine. Ils l’ont créé pour être l’avant-poste de leur civilisation, en première ligne de leur armée, pour être l’épée de l’Occident et des croisés, menaçant la gorge des monothéistes, les musulmans de ces terres (…) » (1)

(1) Institut de Recherche Médiatique du Moyen-Orient (MEMRI), Dossiers Spéciaux, n° 25 – 27 Janvier 2004, « L’idéologie islamiste contemporaine autorise le génocide », http://www.memri.org/bin/french/articles.cgi?Page=archives&Area=sd&ID=SR2504

Posted by ajm as Ch. 02 - Le Coran: livre guerrier, Enc. Aujourd'hui comme hier at 10:00 AM UTC

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October 17th, 2006

L’« islamophobie » et le jihad idéologique moderne

Que font les Musulmans modérés des preuves indubitables que les terroristes jihadistes oeuvrent bien dans le cadre des traditions islamiques classiques et se basent sur le Coran et sur l’exemple de Mahomet pour exhorter leurs coreligionnaires à combattre les infidèles ? Ont-il explicitement et définitivement rejeté les enseignements des jihadistes comme incompatibles avec l’Islam du XXe siècle ? Ont-ils confronté et réfuté l’exégèse jihadiste du Coran et de la Sunna ? Ont-ils présenté une vision alternative de l’Islam suffisamment convaincante pour rivaliser avec « le pur Islam » des jihadistes dans la lutte mondiale pour emporter l’opinion des Musulmans ?

De manière générale, la réponse à toutes ces questions est non. Au lieu de cela, les Musulmans « modérés » ont inventé l’ « islamophobie ».

Aux Nations Unies: un nouveau mot, un nouvel outil de manipulation politique

Jusqu’il y a quelques années, personne n’avait entendu parler d’ « islamophobie ». Mais une année, c’est beaucoup pour une machine de propagande bien rôdée. À l’heure actuelle, ce concept – vague et somme toute creux – est pris au sérieux aux plus hauts niveaux. En décembre 2004, Kofi Annan présida un séminaire onusien consacré à l’ « islamophobie », expliquant avec la plus grande gravité et la plus grande rectitude morale : « (…) lorsque l’on est contraint de forger un néologisme pour décrire la généralisation constante d’un préjugé, c’est d’une évolution bien troublante, bien attristante, qu’il s’agit de rendre compte. C’est ce qui se passe avec l’islamophobie. Le mot est apparu semble-t-il à la fin des années 1980 et au début des années 1990, mais le phénomène lui-même existait depuis des siècles. Le poids de l’histoire et les répercussions des événements récents font qu’aujourd’hui beaucoup de musulmans se sentent blessés et incompris, qu’ils s’inquiètent de voir rogner leurs droits et qu’ils craignent même pour leur personne (…) »[1].

Sans surprise, l’attention de l’ONU resta principalement concentrée sur ces Musulmans blessés et incompris, sans que la question des racines islamiques du terrorisme jihadiste soit évoquée ; sans qu’il y eut non plus de débat quant à la compatibilité de l’Islam avec l’idée mondialement acceptée des droits de l’homme, incarnés par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948, des Nations Unies elles-mêmes.

La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme : réactions islamiques

Nous avons déjà vu que le cheik iranien Tabandeh rédigea une critique islamique de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Le monde islamique a cru bon de formuler deux réponses majeures au document de l’ONU : La « Déclaration Islamique Universelle des Droits de l’Homme » en 1981, et la « Déclaration du Caire sur les Droits de l’Homme en Islam » en 1990. L’article 18 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, que nous devons au courageux libanais Charles Malik, stipule que « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction (…)»[2].

Vous ne trouverez de garantie analogue quant à la liberté de changer de religion dans aucune des deux chartes islamiques; en effet, comme nous l’avons vu, la loi traditionnelle islamique requiert la peine de mort contre ceux qui quittent l’Islam. Qui plus est, la Déclaration du Caire précise : « Tout homme a le droit d’exprimer librement son opinion pourvu qu’elle ne soit pas en contradiction avec les principes de la Charia ; Tout homme a le droit d’ordonner le bien et de proscrire le mal, conformément aux préceptes de la Charia (…) »[3].

En se penchant sur l’ « islamophobie » plutôt que sur certaines réalités déplaisantes de l’Islam, l’ONU déshonore les victimes passées et présentes du jihad, et se montre de connivence avec les terroristes. Bien que cette position soit le résultat d’une attitude politiquement correcte et d’un prétendu souci d’éviter que d’innocents Musulmans aient à souffrir de diffamation, elle nuit en réalité aux efforts que fournissent certains Musulmans et non-Musulmans pour examiner les sources réelles de la terreur jihadiste et pour trouver des moyens d’éloigner les Musulmans du chemin de la violence.

Qu’est-ce que l’islamophobie, de toute façon?

Le journaliste et apologiste de l’Islam Stephen Schwartz défini ainsi l’ « islamophobie »:

En dépit de ce que disent certains occidentaux, l’islamophobie existe ; ce n’est pas un mythe. L’islamophobie consiste à …

  • s’attaquer à la religion islamique toute entière, considérée comme un problème pour le monde ;
  • condamner tout l’Islam et son histoire comme extrémiste ;
  • nier l’existence active, dans le monde d’aujourd’hui, d’une majorité musulmane modérée ;
  • insister sur le fait que les Musulmans doivent céder aux requêtes (fondées sur l’ignorance et l’arrogance) des non-Musulmans et faire subir certaines modifications théologiques à leur religion ;
  • traiter tout conflit impliquant des Musulmans (comme, par exemple, en Bosnie-Herzégovine il y a une dizaine d’années) comme causé par les Musulmans eux-mêmes;
  • inciter à la guerre contre l’Islam dans son ensemble.[4]

Bien qu’il puisse exister un certain nombre d’islamophobes dans le monde suivant cette définition, Schwartz embrouille les choses plus qu’il ne les clarifie. Qualifier d’« islamophobe » le fait « de s’attaquer à la religion islamique toute entière, considérée comme un problème pour le monde » signifie-t-il qu’il est également « islamophobe » d’attirer l’attention sur le fait que le Coran et la Sunna du prophète servent de motivation aux activités terroristes ? Si c’est le cas, les jihadistes de par le monde sont eux-mêmes « islamophobes », puisque, comme nous l’avons vu, ils relèvent systématiquement les passages jihadistes du Coran et de la Sunna pour justifier leurs actes. Et discuter clairement de la doctrine du jihad islamique ne revient pas à dire que « la religion islamique toute entière » est « un problème pour le monde ». Personne n’affirme que le tayammum (ablutions au moyen de sable plutôt que d’eau) ou le dhikr (pratique rituelle des derviches notamment) ou encore d’autres éléments de l’Islam posent problème au monde.

Qualifier la condamnation de « tout l’Islam et son histoire comme extrémiste » comme « islamophobe » est tout aussi problématique – et pas seulement du fait de l’imprécision du terme « extrémiste ». Le jihad et la dhimmitude font partie de l’Islam. Mais aucun commandement d’aucune religion n’a jamais été observé uniformément par tous les croyants, ni aucune loi universellement appliquée ; les Juifs et les Chrétiens vivant en territoire islamique ont parfois connu, en différentes époques et différents lieux, un grand degré de liberté. Cependant, cela n’invalide pas le fait que les lois de la dhimma restèrent toujours dans les textes, prêtes à être appliquées par tout dirigeant musulman.

De même, alors qu’il peut sembler « islamophobe » de « nier l’existence active, dans le monde d’aujourd’hui, d’une majorité musulmane modérée », cela n’est en rien pertinent. Qu’une majorité musulmane modérée existe ou non dépend ce que vous entendez par « modérée ». Cela désigne-t-il quelqu’un qui ne prendrait jamais part à un acte de terrorisme ? Cela rendrait modérés une écrasante majorité des Musulmans de la planète. Ou le « modéré » est-il celui qui réprouve sincèrement ces actes de terrorisme ? Cela réduirait le nombre des modérés. Ou un Musulman « modéré » est-il quelqu’un qui s’élève ouvertement contre ces actes et travaille énergiquement à contrer les jihadistes ? Cela ferait encore baisser ce nombre. Ou, enfin, un Musulman « modéré » est-il quelqu’un qui affronte résolument les jihadistes, dans une lutte théologique, pour tenter de convaincre ses coreligionnaires, sur des bases islamiques, que le terrorisme est mauvais ? Il ne nous resterait plus alors qu’une minuscule poignée de modérés.

Enfin, il serait stupide de la part de quiconque de « traiter tout conflit impliquant des Musulmans (…) comme causé par les Musulmans eux-mêmes » ou d’ « inciter à la guerre contre l’Islam dans son ensemble ». Entrer en guerre avec l’Islam dans son ensemble – depuis les bergers grisonnants du Kazakhstan jusqu’à Ben Laden et Zarqawi en passant par les joviales secrétaires de Jakarta – serait absurde et inutile. Mais que veut réellement dire Schwartz lorsqu’il explique que ceux qui préconisent la « guerre contre l’Islam dans son ensemble » sont « islamophobes » ? Y inclut-il ceux qui ont compris qu’un jihad islamique a été déclaré contre les Américains et qui exhortent à la résistance ?

Tout ceci indique que l’ « islamophobie » n’est pour ainsi dire d’aucune utilité en tant qu’outil analytique. Adopter ce concept, c’est accepter la forme la plus virulente d’équivalence théologique, et affirmer, en dépit de l’évidence, que toutes les traditions religieuses sont pareillement capables d’inspirer la violence. Dans de nombreux cas, cela fait partie de l’arsenal mis en œuvre pour salir la civilisation occidentale, en comparant les fautes des Chrétiens à un Islam fictif et idéalisé. Oser cette comparaison, c’est nier cette remarque judicieuse du philosophe Antony Flew, éminent athée (devenu théiste par la suite) : « Jésus est une figure charismatique extrêmement séduisante, ce que n’est absolument pas le prophète de l’Islam. »[5] À nouveau, il ne s’agit pas de prôner l’une ou l’autre théologie comme étant la seule réellement légitime, mais d’analyser le jihad islamique de manière réaliste. Et aussi de renforcer l’idée que la civilisation occidentale vaut la peine d’être défendue.

L’ « islamophobie » en tant qu’arme du jihad

L’accusation d’ « islamophobie » est fréquemment utilisée pour détourner l’attention portée aux jihadistes. Ainsi, en Suisse, suite à une recrudescence du militantisme jihadiste et à l’arrestation de huit personnes soupçonnées d’avoir aidé des islamikazes en Arabie Saoudite, certains Musulmans n’étaient aucunement d’humeur à faire le ménage dans leur communauté : « Ce que nous constatons », déclara Nadia Karmous, à la tête d’un groupe musulman féminin en Suisse, « ce n’est pas une augmentation de l’islamisme, mais une aggravation de l’islamophobie ».[6]

Ce schéma s’est reproduit un peu partout dans le monde ces dernières années, et l’ « islamophobie », industrie florissante, est passée dans le vocabulaire courant. Dans les pays occidentaux, l’ « islamophobie » a rejoint le « racisme », le « sexisme » et l’ « homophobie ». L’absurdité de tout ceci est bien illustrée par un récent incident en Angleterre : alors qu’une équipe de tournage filmait le harcèlement d’un Musulman pour un film intitulé « Islamophobia », deux badauds anglais, qui n’avaient pas remarqué les caméras, se détournèrent de leur chemin pour défendre la personne attaquée. Mais ni les cinéastes ni les journalistes ayant rapporté l’incident ne semblent avoir réalisé la signification de celui-ci, à savoir que les Britanniques ne sont peut-être pas aussi violents et xénophobes que le film en cours de tournage veut le suggèrer.[7]

L’historien Victor Davis Hanson a habilement expliqué le dangereux glissement de centre d’attention que l’ « islamophobie » implique :

En réalité, il n’existe pas un phénomène d’ « islamophobie » – en tout cas pas plus qu’il n’y avait de « germanophobie » à haïr Hitler ou de « russophobie » à détester le stalinisme. Toute injustice ou grossièreté qu’il puisse y avoir à « profiler » certains jeunes hommes du Moyen-Orient est minime par rapport aux efforts déployés par les fascistes islamiques eux-mêmes – ici aux U.S.A., au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en France, en Turquie, en Israël – pour massacrer des Occidentaux et faire exploser des bombes parmi des civils. Le vrai danger, pour des milliers d’innocents, ce n’est pas l’occasionnel fanatique évangéliste ou le politicien mal dégrossi vomissant l’Islam, mais l’anti-sémitisme et l’anti-américanisme pathologiques et savamment orchestrés qui inondent les ondes du monde entier depuis l’Iran, le Liban ou la Syrie bien sûr, mais aussi à partir de pays qui furent nos alliés, comme l’Égypte, l’Arabie Saoudite et le Qatar.[8]

Réforme ou refus de se rendre à l’évidence ?

Un étrange manque de sincérité de la part des réformateurs musulmans va souvent de pair avec les accusations d’islamophobie. En avril 2005, le Toronto Star brossa un élogieux portrait de la féministe musulmane indonésienne Musdah Mulia, se réjouissant de ce qu’elle « blâme les Musulmans, et non l’Islam, pour les inégalités entre hommes et femmes » dans le monde islamique. Ce n’est que l’un des nombreux articles publiés dans les quotidiens et les magazines du monde occidental qui dépeignent le « vrai » Islam comme étant une religion de tolérance, de liberté et d’ouverture. Pourtant l’idée que le « vrai Islam » est plus semblable au pacifisme des Quakers qu’à la religion d’Oussama Ben Laden est fausse et dangereusement fallacieuse. Elle maintient les gens dans l’ignorance quant aux motivations et aux buts réels des jihadistes.

Mulia, selon le journaliste Haroon Siddiqui, « porte le hijab mais précise que ce n’est pas exigé par l’Islam, une position soutenue par une importante majorité des Musulmanes indonésiennes, et même du monde entier, qui ne le mettent pas mais ne se sentent pas moins musulmanes pour autant. » Pourtant, ni Siddiqui ni Mulia ne font mention de la tradition islamique qui rapporte les instructions du prophète : « quand la fille devient pubère, il ne convient pas de voir d’elle une autre partie que le visage et les mains. »[9] Ils ne mentionnent pas non plus, en mentionnant qu’elle « souhaite l’abolition de la polygamie », que Mulia devra mener un combat extrêmement difficile, puisque le Coran dit aux hommes « d’épouser des femmes de leur choix, deux ou trois ou quatre ».[10]

Musdah Mulia, exulte Siddiqui, « n’est pas une féministe occidentalisée et laïque. C’est une spécialiste de l’Islam, et elle est titulaire d’un doctorat obtenu à l’institut des Études Islamiques » de Jakarta. « Elle y enseigne à temps partiel, mais son occupation principale est le poste de directrice de recherche au ministère des affaires religieuses, d’où elle harcèle le gouvernement. Lorsque ses patrons publièrent un rapport gouvernemental à propos de la mise à jour des lois religieuses l’an dernier, elle rédigea une critique de 170 pages qui les mit dans l’embarras et irrita les conservateurs. »

Mulia n’a pas toujours été une telle enquiquineuse. « Petite-fille d’un religieux », elle « a vécu dans un internat islamique et a grandi dans un environnement strict ». Elle garde des souvenirs cuisants de son enfance : « Je ne pouvais pas rire fort. Mes parents ne me permettaient pas de me lier d’amitié avec des non-Musulmans. Si j’en fréquentais, ils m’ordonnaient de prendre une douche après. » Mais ensuite, elle a voyagé « dans d’autres nations musulmanes » et a réalisé que « l’Islam offre de nombreux visages. Cela m’a ouvert les yeux. Une partie de ce que mon grand-père et les oulémas m’avaient appris était juste, mais le reste n’était que mythes. »

Scoop : L’Islam vécu par les musulmans n’est pas l’Islam authentique!

Qu’est-ce qui a donc mené à la transformation de Mulia ? Il s’avère que ses parents, son grand-père, les religieux, tous ont mal compris l’Islam, et qu’elle, Mulia, a mis la main sur le véritable Islam : « plus elle étudiait l’Islam, plus elle le trouvait moderne et génial. »

Le hijab, la burka, le tchador, la polygamie, le divorce qu’un homme peut décréter simplement en prononçant une phrase par trois fois, les lois successorales inéquitables, l’impossibilité pour les femmes de quitter la maison sans l’escorte d’un mâle de la famille dans nombre de contrées islamiques, l’interdiction même, dans certains pays musulmans, de conduire un véhicule… tout ceci, selon Mulia, n’a rien d’islamique. Après tout, dit-elle, « l’Islam a libéré les femmes il y a 1400 ans, bien avant l’Occident ».

L’affirmation selon laquelle Mahomet a amélioré le sort des femmes est curieuse. Elle est basée sur l’allégation selon laquelle les femmes étaient épouvantablement traitées dans la société arabe païenne. Mais les choses se sont-elles réellement améliorées avec la création de l’Islam ? Comme nous l’avons vu, même Aïcha, la bien aimée femme enfant de Mahomet, confia : « je n’ai vu aucune femme souffrir autant que les croyantes. »[11]

Tant de gens qui luttent pour les droits des femmes ou pour une plus large réforme de l’Islam adoptent la même attitude que Mulia. Ils ne peuvent pas admettre que c’est l’Islam lui-même, à travers ses textes sacrés, qui est responsable des problèmes qu’ils cherchent à résoudre. Ils expliquent d’un ton mielleux que les jihadistes, les terroristes, les wahhabites, ou les méchants du moment, quels qu’ils soient, « ont détourné l’Islam », sans offrir aucun plan cohérent pour transformer ces « détourneurs » d’Islam en des êtres paisibles et tolérants.

Mulia n’explique pas comment les « traditions et interprétations culturelles » auxquelles elle s’oppose sont nées dans les contrées islamiques. Comment les Musulmans d’Arabie Saoudite et d’Iran ont-il modelé leurs lois et façonné leurs mœurs si ce n’est à travers l’Islam ? Au-delà de l’essentiel de la foi, explique Mulia, la plupart des lois affectant les femmes sont la création des hommes ; « rien de tout cela n’a été faxé depuis les cieux ». Mais ceux qui légifèrent en Arabie Saoudite, en Iran, au Soudan et au Pakistan pensent précisément suivre un « fax des cieux », à savoir le Coran. Car en définitive, qu’est donc une série de révélations dictées par Allah à Mahomet sinon un « fax des cieux » ?

Comme tant d’autres réformateurs islamiques autoproclamés, Mulia semble poursuivre un noble but, mais elle contribue en fait à entretenir la confusion au sujet de l’Islam. Ibn Warraq l’a fort bien écrit : « Il y a des Musulmans modérés, mais l’Islam lui-même n’est pas modéré ». Trop de réformateurs musulmans pensent devoir défendre l’Islam à tout prix, quelles que soient les contorsions mentales à effectuer pour y parvenir – et quitte à passer sous silence certaines choses et à refuser de faire face aux éléments de l’Islam employés par les jihadistes pour justifier leurs actes. Les responsables (wahhabites, extrémistes, etc.), nous dit-on, ne sont que de « mauvais Musulmans ». Et pourtant, ce sont ces mêmes « mauvais Musulmans » qui s’empressent avec le plus de ferveur d’embrasser, dans tous les domaines de la vie, les véritables enseignements de l’Islam, tandis que ce sont les croyants les plus souples, les moins pratiquants, enfin les moins enclins aux interprétations littérales, qui traitent le mieux les femmes et sont le plus attachés à un certain pluralisme et à la coexistence paisible avec les non-Musulmans.

C’est un état des choses que même Musdah Mulia et ses semblables ne pourront refuser de voir éternellement.

Donner une fausse image de l’Islam

En plus de leurs refus de reconnaître que certains éléments déplaisants de l’Islam font bien partie de l’Islam « authentique », certains groupes de pression musulmans et leurs alliés qualifient systématiquement des comptes-rendus véridiques sur l’Islam de « discours incitant à la haine ». En décembre 2004, le CAIR réagit avec mauvaise humeur, comme on pouvait s’y attendre, aux propos tenus par un ex-officiel de la CIA, Bruce Tefft. Le CAIR[12] lui reprochait des déclarations telles que « le terrorisme islamique est basé sur l’Islam tel qu’il est révélé dans le Coran », « prétendre que l’Islam n’a rien à voir avec le 11 septembre, c’est délibérément ignorer une évidence et mal interpréter durablement les évènements » et « il n’y a pas de différence entre l’Islam et le fondamentalisme islamique, qui est une construction totalitaire ». Le CAIR appela la branche canadienne du Centre Simon Wiesenthal, sous l’égide de laquelle l’allocution de Tefft avait eu lieu, à « condamner ces commentaires islamophobes avec la plus grande vigueur. Dépeindre l’Islam et son livre sacré comme promouvant le terrorisme ne peut que conduire à aggraver les préjugés et l’intolérance envers les Musulmans ».

« En tant qu’organisation œuvrant soi-disant à ‹ favoriser la tolérance et la compréhension › », fulmina le CAIR, « le Centre Simon Wiesenthal doit immédiatement rejeter toute rhétorique islamophobe, et tenir son bureau canadien responsable de n’avoir pas récusé les opinions haineuses de l’orateur. »[13]

Bien entendu, beaucoup de musulmans préconisent le jihad en basant leur raisonnement sur le Coran et la Sunna, et Tefft n’a pas inventé cette connexion. Mais au lieu de réfuter ce lien en travaillant sur ces sources islamiques, le CAIR s’est attaqué à Tefft.

Le CAIR indique que le but de sa création consiste à « promouvoir une image positive de l’Islam et des Musulmans en Amérique » et déclare : « nous pensons que les déformations de l’image de l’Islam résultent la plupart du temps de la méconnaissance qu’en ont les non-Musulmans et de la réticence qu’ont les Musulmans à s’expliquer clairement. »[14] Cela sonne bien si vous êtes du genre bien-pensant sentimental – mais les remèdes offerts par le CAIR sont peut-être pires que le mal.

Dhimmitude des médias et des officiels

Que ce soit de peur d’alarmer la population, ou – de manière plus politiquement correcte – de crainte de blesser les Musulmans, ou encore pour ces deux raisons, la réticence des autorités à tirer des conclusions de certains signes témoignant d’une activité jihadiste aux États-Unis frise parfois le ridicule.

En avril 2005, des pompiers conduisant une inspection de routine dans un supermarché de Brooklyn y découvrirent deux cent airbags d’automobile et une pièce tapissée de posters d’Oussama Ben Laden et de photos de décapitations en Irak. Certaines pièces des airbags peuvent être utilisées pour fabriquer des bombes artisanales. Selon le New York Post, le propriétaire du bâtiment « a, selon les dossiers, fait de la prison à la fin des années 70 et au début des années 80 pour incendie criminel, comportement irresponsable, possession d’armes et conspiration ». Mais les autorités furent formelles : le stock caché n’avait rien à voir avec le terrorisme.

Ah bon? Avec quoi avait-il quelque chose à voir, alors ? La pratique du macramé ?

De même, lorsque quinze personnes furent tuées et plus d’une centaine blessées par des explosions dans une raffinerie pétrolière de Texas City, le 23 mars 2005, le FBI élimina rapidement le terrorisme des causes potentielles.[15] Lorsque des groupes jihadistes revendiquèrent la responsabilité des explosions, le FBI continua d’en faire peu de cas.[16] Puis, il apparut que les enquêteurs n’avaient visité le site que huit jours après les faits, et donc après avoir écarté l’hypothèse d’un acte terroriste. Un enquêteur ayant gardé une certaine indépendance d’esprit posa la question : « Comment pouvez-vous éliminer une possibilité alors que vous n’avez encore aucune idée de la cause ? »[17] Plus tard encore, on apprit que, contrairement à qui avait été rapporté initialement, non pas une, mais jusqu’à cinq explosions différentes avait eu lieu dans cette raffinerie.[18]

Il est possible que ces détonations aient été accidentelles, que cinq choses différentes aient cafouillé dans l’usine, déclenchant cinq explosions indépendantes et à peu près simultanées. Et peut-être n’y a-t-il eu aucune participation terroriste. Mais comment le FBI a-t-il pu conclure cela avant même d’enquêter ?

Et ce ne sont que deux exemples d’un schéma usuel, comme l’a documenté l’expert en terrorisme Daniel Pipes:

• Le 1er mars 1994, sur le pont de Brooklyn, un Musulman nommé Rashid Baz cribla de balles un minibus occupé par de jeunes garçons hassidim, tuant l’un d’entre eux[19]. Selon le FBI, il s’agissait d’une « crise de rage dans la circulation routière »[20].

• Le 24 février 1997, dans l’Empire State Building, un Musulman nommé Ali Abu Kamal ouvrit le feu sur des touristes, en tuant un et en blessant six autres avant de se donner lui-même la mort[21]. Le maire de New York, Rudolph Giuliani, informa le public qu’il s’agissait d’un « homme pour qui le monde était rempli d’ennemis ».[22]

• Le 4 juillet 2002, un Musulman nommé Hesham Mohamed Ali Hadayet ouvrit le feu sur les passagers présents au comptoir de la compagnie aérienne israélienne El Al à l’aéroport international de Los Angeles, tuant deux personnes. Le FBI déclara dans un premier temps que « rien n’indiquait qu’il s’agisse d’un acte terroriste ». Toutefois, après qu’il soit apparu qu’Hadayet avait pu être en contact avec Al Qaïda et était connu pour sa haine d’Israël, le FBI classa finalement l’affaire comme acte de terrorisme.[23]

• Les snipers de Washington, John Muhammad et Lee Malvo, qui sont liés à dix-huit fusillades et dix meurtres dans la région de Washington D.C. en octobre 2002, sont deux convertis à l’Islam. Avant qu’ils ne soient pris, les enquêteurs attribuaient ces crimes à un « homme blanc en colère » ; les malfrats s’avérèrent être deux hommes noirs. Après leur capture, les média firent constamment référence à John Muhammad en tant que John Williams, omettant de signaler sa conversion à l’Islam et son changement de nom. Et même après que les croquis de Lee Malvo représentant Oussama Ben Laden (qu’il nomme « un Serviteur d’Allah ») et ses divagations sur le « jihad » aient été révélés, les autorités continuèrent de minimiser la possibilité que les meurtres aient pu avoir un lien quelconque avec l’Islam ou le terrorisme.[24]

• Le 6 août 2003, à Houston, un Musulman nommé Mohammed Ali Alayed égorgea son ami Ariel Sellouk, un Juif. Alayed avait rompu ses relations amicales avec Sellouk après avoir commencé à se plonger davantage dans sa foi. La nuit du meurtre, Alayed téléphona à Sellouk et ils se rencontrèrent dans un bar avant de revenir à l’appartement d’Alayed, où ce dernier tua son ami. Dans le bar, personne n’a vu les deux hommes se disputer. Bien qu’Alayed ait tué Sellouk de la même façon que les bouchers jihadistes en Irak, et bien qu’il se soit rendu à la mosquée après avoir commis le meurtre, les autorités indiquèrent qu’il n’y avait « aucun signe que Sellouk (…) ait été tué à cause de ses origines ou de sa religion »[25].

Il y a beaucoup d’autres exemples similaires : lorsqu’un Musulman nommé El Sayyid Nosair assassina l’activiste politique israélien Meir Kahane à New York le 5 novembre 1990, les autorités attribuèrent le meurtre non pas au jihad mais à la dépression de Nosair ; et lorsqu’un copilote fit s’abîmer en mer le vol 990 d’EgyptAir, le 31 octobre 1999, causant la mort de 217 personnes, les officiels ne postulèrent aucune connexion terroriste, bien que le copilote ait répété à onze reprises « je m’en remets à Allah » en faisant plonger l’appareil.[26]

Les officiels essayent-ils de ne pas alarmer les Américains ? Ou bien tentent-ils de protéger d’innocents Musulmans d’un retour de manivelle ? Quelles que soient leurs motivations, ils maintiennent les Américains dans l’ignorance de la vraie nature du terrorisme jihadiste et de l’ampleur de cette menace.

__________

[1] Discours du Secrétaire Général de l’ONU, 7 décembre 2004 ; http://www.un.org/News/fr-press/docs/2004/SGSM9637.doc.htm
[2] Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, 1948 ; http://www.un.org/french/aboutun/dudh.htm#18
[3] Déclaration du Caire sur les droits de l’homme en Islam, 5 août 1990, article 22 ; http://www.aidh.org/Biblio/Txt_Arabe/inst_org-decla90.htm
[4] Stephen Schwartz, « The ‘Islamophobes’ That Aren’t », TechCentralStation.com, 28 avril 2005 ; http://www.frontpagemag.com/Articles/ReadArticle.asp?ID=17874
[5] « Atheist Becomes Theist: Exclusive Interview with Former Atheist Antony Flew », Philosophia Christi, hiver 2004 ; http://www.biola.edu/antonyflew/flew-interview.pdf
[6] « Swiss arrests over Saudi attacks », BBCNews, 9 janvier 2004 ; « Muslims in Switzerland fear ‘witch-hunt », Swissinfo, 22 avril 2004
[7] Stuart Jeffries, « Coming to a small screen near you », Guardian, 13 janvier 2005
[8] Victor Davis Hanson, « Cracked Icons », National Review, 17 décembre 2004.
[9] Abou Da’oud, livre 32, n° 4092 ; http://www.usc.edu/dept/MSA/fundamentals/hadithsunnah/abudawud/032.sat.html#032.4092
[10] Coran 4:3
[11] Boukhari, vol. 7, livre 72, n° 5825 ; http://www.usc.edu/dept/MSA/fundamentals/hadithsunnah/bukhari/072.sbt.html#007.072.715
[12] Conseil des relations américano-islamiques (Council on American-Islamic Relations)
[13] Conseil des relations américano-islamiques, « CAIR Calls on Wiesenthal Center to Repudiate Islamophobia », 11 décembre 2004 ; http://www.cair-net.org/default.asp?Page=articleView&id=1349&theType=NR
[14] Council on American-Islamic Relations, « About CAIR », http://www.cair-net.org/asp/aboutcair.asp
[15] Pam Easton, « Terrorism Ruled Out in Oil Refinery Blast », Associated Press, 25 mars 2005
[16] SITO Institute, « Qaeda al-Jihad in the United States Claims Responsibility For Texas Refinery Bombing », 25 mars 2005; « Terror cover-up in Texas City ? », WorldNetDaily.com, 5 avril 2005
[17] « Terror cover-up in Texas City ? », WorldNetDaily.com, 5 avril 2005
[18] « Multiple blasts struck refinery», Associated Press, 29 avril 2005.
[19] Uriel Heilman, « Murder on the Brooklyn Bridge », Middle East Quarterly, été 2001; http://www.meforum.org/article/77
[20] Daniel Pipes, « Le terrorisme ignoré », New York Post, 9 juillet 2002; http://fr.danielpipes.org/article/1722
[21] « Gunman shoots 7, kills self at Empire State Building », CNN, 24 février 1997; http://www.cnn.com/US/9702/24/empire.shooting/
[22] Daniel Pipes, « Aveuglement face au terrorisme », New York Sun, 8 février 2005; http://fr.danielpipes.org/article/2400;
[23] Daniel Pipes, « Le terrorisme ignoré », New York Post, 9 juillet 2002;
[24] Michelle Malkin, « Lee Malvo, Muslim hatemonger », Townhall.com, 10 décembre 2003; http://www.townhall.com/opinion/columns/michellemalkin/2003/12/10/160454.html
[25] Andrew Tilghman, « Saudi pleads guilty to killing Jewish friend in Houston », Houston Chronicle, 12 janvier 2004.
[26] Daniel Pipes, « Aveuglement face au terrorisme », New York Sun, 8 février 2005;

Posted by ajm as Ch. 16 - L'islamophobie et le jihad idéologique at 11:48 PM UTC

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Le saviez-vous?

[Chapitre 16, p.195, colonne “Le Saviez-vous?”]

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♦ Les Nations Unies ont condamné l’«islamophobie», tout en fermant les yeux sur les atrocités commises par les jihadistes
♦ L’accusation d’«islamophobie» est employée pour intimider et réduire au silence les critiques de la violence jihadiste
♦ Certains groupes tentent même d’étiqueter comme propagateurs de « discours incitant à la haine » ceux qui disent la vérité au sujet de l’Islam et du jihad

Posted by ajm as Ch. 16 - L'islamophobie et le jihad idéologique, Enc. Le saviez-vous? at 10:37 PM UTC

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August 22nd, 2006

Robert Spencer sur C-Span — une excellente interview!

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Posted by admin as 000 - Info at 4:05 PM UTC

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July 27th, 2006

Le prochain livre de Robert Spencer sort en octobre aux États-Unis

Il sera intitulé The Truth About Muhammad. L’auteur en propose lui-même une critique savoureuse que même ses pires détracteurs auront de la peine à surclasser dans l’acidité:

The ignorant Islamophobe Spencer compounds his abysmal ignorance of Islam with his latest hysterical screed, The Truth About Muhammad. This frothing book-length rant draws exclusively on the earliest sources for the life of Muhammad (pbuh), particularly Ibn Ishaq, Ibn Sa’d, and the hadith collections of Bukhari and Muslim. As everyone knows, Ibn Ishaq has long since been discredited, and serious scholars of Islam snicker at the mention of his name. Ibn Sa’d? Bukhari? Muslim? Pshaw. If Spencer does manage to record anything accurately in this book, it is purely by accident, as he cherry-picks the worst incidents of Muhammad’s life to paint a patently absurd picture of a warrior prophet.Why, Spencer doesn’t even know Arabic — or if he does, he’s just trying vainly to impress us. What is he trying to do — ignite a clash of civilizations?

Mais il rappelle tout de même aussi que

They know that what we are saying about Islam, jihad, and terrorism is true — if they really believed it wasn’t, they would show their readers the exact ways in which we are wrong, but they don’t do that, because they can’t. But they know that a few well-placed sneers will scare away many people of good will — and that is a game that they play expertly.

Ce livre aussi, il faudra le traduire.

UPDATE: Le voici, avec une première critique positive.

Posted by admin as 000 - Info, 001 - Compléments proposés at 8:10 AM UTC

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July 16th, 2006

La couverture de l’ouvrage…

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Posted by ajm as Ch. 00 - Introduction - L'Islam et les croisades at 11:19 AM UTC

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July 13th, 2006

Remise en route

Les travaux de traduction, stoppés à la mi-mai à la suite d’un problème technique (qui a également entraîné la perte des articles postés depuis la fin avril) peuvent enfin reprendre. Le nouveau site devra encore être remplumé avec les articles de l’ancien, maintenant mis de côté.

Update: le site est maintenant complet, les anciens textes figurent tous dans les archives (voir ci-contre, à gauche).

Posted by admin as 000 - Info at 2:10 PM UTC

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April 29th, 2006

Enfin une critique du P.I.G to Islam!

Not for the Faint of Heart
Robert Spencer asks the hard questions about Islam…and answers them.
By Andrew C. McCarthy

It is often said that in order to keep polite company polite, we must refrain from speaking of religion and politics. Yet, the two are not equals in the hierarchy of politesse. Political debate may be unwelcome in many settings, but no one clears the room by observing that the great totalitarian evils of the 20th century, Communism and fascism, were directly responsible for incalculable carnage.

Not so when it comes to religion — or, at least, one particular religion. The past three decades have borne witness to a rising, global tide of terrorist atrocities, wrought by Muslims who proclaim without apology — indeed, with animating pride — that their actions are compelled by Islam. Nonetheless, the quickest ticket to oblivion on PC’s pariah express is to suggest that the root cause of Islamic terrorism might be, well, Islam.

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Posted by admin as 000 - Info at 10:00 AM UTC

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April 19th, 2006

Le saviez-vous?

[Chapitre 11, p.133, colonne "Le Saviez-vous?"]
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♦ Les croisades ne furent pas des manifestations précoces du colonialisme européen au Moyen-Orient.
♦ Le massacre de Juifs et de Musulmans par les croisés en 1099 à Jérusalem fut une terrible atrocité, mais n’avait rien d’inhabituel selon les usages guerriers de l’époque.
♦ Les croisades ne visèrent pas les Juifs comme les Musulmans.

Posted by ajm as Ch. 11 - Croisades: mythe et réalité, Enc. Le saviez-vous? at 10:00 AM UTC

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Un livre que vous n’êtes pas censé lire

[Encadré p.144]
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« The Crusades: The World’s Debate » par Hilaire Belloc, 1937, réédité par Tan Books en 1992. Belloc présente une prophétie frappante:

« Dans la chose capitale entre toutes, la religion, nous nous sommes retirés, tandis que l’Islam a dans l’ensemble préservé son âme. (…) Nous sommes divisés face au monde musulman, divisé de toutes les façons – par des rivalités nationales, par des conflits d’intérêts – et cette division ne peut trouver de remède, parce que le mortier qui jadis liait notre civilisation, le ciment chrétien, s’est effrité. Peut-être la situation qui se développe rapidement au Proche-Orient aura-t-elle connu des changements notables avant que [ces lignes] ne soient publiées. Peut-être que ces changements seront différés, mais ils auront lieu, ils seront durables et de grande ampleur. Et il semble peu probable, et d’autant moins si le processus met plus de temps à s’accomplir, que l’Islam sorte perdant de tels changements. »

Hilaire Belloc, « The Crusades: The World’s Debate », Tan, 1992, pp. 248-50

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Entre Mahomet et Jésus

[encadré p.143]
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« Heureux les miséricordieux, car il leur sera fait miséricorde […] Car si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense allez-vous en avoir? Les collecteurs d’impôts n’en font-ils pas autant ? Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d’extraordinaire? »

Jésus, Évangile selon Matthieu, 5:7 & 5:46-47

« Mahomet est le prophète d’Allah. Ses compagnons sont violents envers les impies, mais bons et compatissants entre eux »

Coran 48:29

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Les Croisades: Mythe & Réalité

On entend souvent des propos de ce type : « Les croisés traversèrent l’Europe pour se rendre au Moyen-Orient. Une fois là-bas, ils pillèrent et assassinèrent les Musulmans et les Juifs, hommes, femmes et enfants sans distinction, et forcèrent les survivants à se convertir au christianisme. Ainsi ensanglantés, ils installèrent des proto-colonies européennes au Levant, qui devaient inspirer et établir un modèle pour des multitudes de colons à venir. Les croisades furent le théâtre des premières exterminations de masse, et constituent une souillure de l’histoire de l’Église catholique, de l’Europe et de la civilisation occidentale. L’horreur fut telle que le pape Jean-Paul II finit par demander pardon au monde musulman pour les croisades. » Y a-t-il du vrai là-dedans ?

Non. Pratiquement toutes les affirmations de ce paragraphe sont fausses, bien qu’étant régulièrement avancées par de nombreux « experts ».

Mythe PC: les croisés établirent des colonies européennes au Moyen-Orient

Faisant route vers l’Orient en réponse à l’appel du pape Urbain, les principaux chefs croisés rencontrèrent l’empereur byzantin Alexis Comnène. Celui-ci persuada chacun d’entre eux d’accepter, conformément aux souhaits d’Urbain II, de rendre à l’Empire byzantin tout territoire qu’ils conquerraient. Les croisés changèrent d’avis au sujet de cet arrangement après le siège d’Antioche en 1098. Alors que le siège s’était prolongé au-delà de l’hiver et que des armées musulmanes venues de Mossoul progressaient vers la ville, les croisés attendaient que l’empereur et ses troupes viennent leur prêter main forte. Mais l’empereur avait reçu des informations indiquant que la situation des croisés à Antioche était désespérée, et fit rebrousser chemin à son armée. Ce qui fut ressenti comme une trahison par les croisés et les rendit furieux. Après avoir pris Antioche et triomphé contre toute attente, ils renièrent leurs engagements envers Alexis et commencèrent à établir leurs propres gouvernements.

Il ne s’agissait cependant pas de structures coloniales. Les états latins du Levant n’auraient certainement pas été considérés comme des « colonies » par quiconque connaissant bien la Virginie, ou l’Australie, ou les Indes orientales néerlandaises des siècles suivants. D’une façon générale, une colonie est un territoire gouverné par une puissance lointaine. Mais les états croisés n’étaient pas gouvernés depuis l’Europe de l’ouest ; les gouvernements qui s’y formèrent n’avaient de comptes à rendre à aucune puissance occidentale. Et les dirigeants croisés ne détournèrent pas les richesses de leurs contrées pour les envoyer en Europe. Ils n’avaient d’arrangement économique avec aucun pays européen. Les croisés établirent leurs états dans le but d’assurer la protection permanente des Chrétiens en Terre Sainte.

En fait, de nombreux croisés cessèrent de se considérer comme Européens. Le chroniqueur Foucher de Chartres écrit:

Considérez, je vous prie, et méditez sur la manière dont Dieu, à notre époque, a transféré l’Occident en Orient. Car nous, qui étions occidentaux, sommes maintenant devenus orientaux. Celui qui était Romain ou Franc est devenu, sur cette terre, Galiléen ou Palestinien. Celui qui était de Reims ou de Chartres est désormais citoyen de Tyr ou d’Antioche. Nous avons déjà oublié nos lieux d’origine ; nombre d’entre nous les ignorent déjà, ou en tout cas n’en parlent plus. Certains possèdent ici des demeures et des serviteurs qu’ils ont reçus par héritage. Certains ont épousé une femme venant non pas de leur peuple, mais de celui des Syriens, ou des Arméniens, ou même de Sarrasins ayant reçu la grâce du baptême. Certains ont dans ces peuples des beaux-pères, ou des beaux-fils, ou des fils adoptifs, ou des pères adoptifs.Il y a ici, aussi, des petits-enfants et des arrière-petits-enfants. L’un cultive la vigne, l’autre les champs. Les expressions et les tournures les plus éloquentes de différentes langues se mêlent dans leur conversation. Des mots pris à chacune sont devenus le patrimoine commun à tous, et ceux qui ignorent leurs origines se trouvent unis dans une même foi. Comme il est dit dans les Écritures, « le lion et le bœuf mangeront de la paille ensemble ». Celui qui est né ailleurs est maintenant presque indigène ; et celui qui était de passage est maintenant un compatriote. [1]

De plus, une autre caractéristique du colonialisme, à savoir l’immigration à grande échelle de population venant du pays d’origine, ne s’est pas réalisée : aucun flux de colons n’est venu d’Europe pour s’installer dans les états croisés.

Mythe PC: la prise de Jérusalem, évènement singulier dans l’histoire médiévale, causa la défiance des Musulmans envers l’Occident

Après un siège de cinq semaines, les croisés entrèrent dans Jérusalem le 15 juillet 1099. Le compte-rendu contemporain d’un Chrétien anonyme a gravé la scène dans la mémoire du monde :

À ce moment, l’un de nos chevaliers, du nom de Liétaud, escalada le mur de la ville. Bientôt, dès qu’il fut monté, tous les défenseurs de la ville s’enfuirent des murs à travers la cité et les nôtres les suivirent et les pourchassèrent en les tuant et les sabrant jusqu’au temple de Salomon, où il y eut un tel carnage que les nôtres marchaient dans leur sang jusqu’aux chevilles. […]L’émir qui commandait la Tour de David se rendit au comte [de Toulouse, Raymond de Saint-Gilles] et lui ouvrit la porte à laquelle les pèlerins avaient coutume de payer tribut. Entrés dans la ville, nos pèlerins poursuivaient et massacraient les Sarrasins jusqu’au temple de Salomon, où ils s’étaient rassemblés et où ils livrèrent aux nôtres le plus furieux combat pendant toute la journée, au point que le temple tout entier ruisselait de leur sang. Enfin, après avoir enfoncé les païens, les nôtres saisirent dans le temple un grand nombre d’hommes et de femmes, et ils tuèrent ou laissèrent vivant qui bon leur semblait. Au-dessus du temple de Salomon s’était réfugié un groupe nombreux de païens des deux sexes, auxquels Tancrède et Gaston de Béarn avaient donné leurs bannières [pour les protéger]. Les croisés coururent bientôt par toute la ville, raflant l’or, l’argent, les chevaux, les mulets et pillant les maisons, qui regorgeaient de richesses. Puis, tout heureux et pleurant de joie, les nôtres allèrent adorer le Sépulcre de notre Sauveur Jésus et s’acquittèrent de leur dette envers lui.[2]

Lire un compte rendu enthousiaste d’un massacre si gratuit heurte nos sensibilités modernes ; telle est la différence existant entre les attitudes et les principes d’antan et d’aujourd’hui. De façon similaire, trois des principaux chefs de la croisade, Daimbert, archevêque de Pise, Godefroi, duc de Bouillon, et Raymond, comte de Toulouse, se vantent des exploits accomplis par les croisés à Jérusalem dans une lettre adressée au pape Pascal II en septembre 1099 : « Si vous désirez savoir quel sort fut réservé aux Infidèles qui s’y trouvaient, sachez que, dans le portique et le temple de Salomon, les cavaliers s’avançaient dans le sang des Sarrasins qui s’élevait jusqu’aux genoux de leurs chevaux. » [3] Fait significatif : Godefroi lui-même, l’un des chefs de croisade les plus respectés, ne prit pas part à cette boucherie ; peut-être était-il plus conscient que les simples soldats de ce que ce comportement trahissait les principes des croisés.

Baudri, évêque de Dol et auteur d’une Histoire de Jérusalem au début du XIIème siècle, rapporte que les croisés tuèrent entre vingt et trente mille personnes dans la ville. [4] C’est probablement une exagération, mais les sources musulmanes citent des chiffres encore plus élevés. Bien que les plus anciennes d’entre elles ne donnent pas de décompte, Ibn al-Jawzi, écrivant une centaine d’années après les faits, dit que les croisés « tuèrent plus de septante mille Musulmans » dans la mosquée d’al-Aqsa. Ibn al-Athîr, un contemporain de Saladin, le chef musulman qui remporta d’impressionnantes victoires contre les croisés à la fin du XIIème siècle, donne les mêmes chiffres. [5] Mais l’historien du XVème siècle Ibn Taghribirdi consigne cent mille victimes. L’ampleur de ce massacre a crû au cours des siècles, au point que l’ancien président des États-Unis Bill Clinton raconta en novembre 2001 à Georgetown, dans une université catholique de premier plan, que les croisés ne se contentèrent pas de tuer tout soldat ou tout homme musulman, mais aussi « toutes les femmes et tous les enfants de religion musulmane trouvés sur le mont du Temple » jusqu’à ce que le sang ruisselle non pas jusqu’à leurs chevilles, comme rapporté par l’anonyme chroniqueur chrétien, mais « jusqu’aux genoux », reprenant les mots de Daimbert, Godefroi et Raymond. [6]

Cette atrocité, cet outrage, fut – on nous l’a dit et répété – le « point de départ d’une hostilité millénaire entre l’Islam et l’Occident ». [7] Il serait peut-être plus exact de dire que ce fut le point de départ d’un millénaire de diffusion de revendications anti-occidentales et de propagande. Le sac de Jérusalem par les croisés fut un crime odieux – particulièrement si on l’examine à la lumière des principes moraux et religieux qu’ils proclamaient soutenir. Cependant, selon les usages militaires de l’époque, il ne fut pas extraordinaire. En ces temps-là, c’était un principe de guerre couramment accepté que si une ville assiégée résistait à la capture, elle pouvait être mise à sac, et que si elle se rendait, on pouvait user de pitié. Quelques récits relatent que les croisés promirent aux habitants de Jérusalem qu’ils seraient épargnés, puis qu’ils revinrent sur leur promesse. D’autres nous disent qu’ils permirent à nombre de Juifs et de Musulmans de quitter la ville en sécurité. Le comte Raymond de Toulouse donna personnellement son sauf-conduit au gouverneur fatimide de Jérusalem, Iftikhar ad-Dawla. [8] Dans l’esprit d’un croisé, quand de telles garanties ont été données [à ceux qui se sont rendus], ceux qui restent dans la ville sont d’autant plus susceptibles d’être identifiés avec la résistance – et de le payer de leur vie. [9]

Et qu’en est-il de ces flots de sang arrivant aux chevilles ou au genoux ? Ce sont des effets de rhétorique. Et c’est ce que tout le monde aura compris à l’époque où les chroniqueurs chrétiens et les chefs de la croisade louaient l’exploit. En fait, de tels flots ne sont même pas physiquement possibles. La population de Jérusalem tout entière n’aurait pu saigner autant, même en admettant qu’elle ait été remplie de réfugiés des régions environnantes. Le fait que le pillage de Jérusalem ne sorte pas vraiment de l’ordinaire explique probablement le laconisme des premiers récits musulmans concernant cet épisode. Vers 1160, deux chroniqueurs syriens, al-‘Azimi et Ibn al-Qalanissi, décrivirent l’évènement chacun de leur côté. Aucun n’offre d’estimation du nombre de victimes. Al-‘Azimi dit seulement que les croisés « se tournèrent vers Jérusalem et l’enlevèrent des mains des Égyptiens. Godefroi la prit. Ils brûlèrent l’église des Juifs. » Ibn al-Qalanissi ajoute quelques détails : « Les Francs donnèrent l’assaut à la ville et en prirent possession. Un certain nombre des citadins se réfugièrent dans le sanctuaire et bien des gens furent tués. Les Juifs se rassemblèrent dans leur synagogue, et les Francs les y brûlèrent vifs. Le sanctuaire, assuré de se voir en sécurité, se rendit à eux le 22 chaaban [14 juillet], et ils détruisirent les lieux saints et le tombeau d’Abraham ». [10] Ce n’est que plus tard que les écrivains musulmans réalisèrent la valeur de propagande que pouvait revêtir le fait de souligner (et de gonfler) le nombre des morts.

Quoi qu’il en soit, il est bien attesté que les armées musulmanes se sont souvent comportées exactement de la même façon en pénétrant dans une ville conquise. Ce n’est pas pour excuser la conduite des croisés en montrant des incidents similaires et en suggérant que « tout le monde le faisait », comme les apologistes islamiques le font fréquemment lorsqu’ils sont confrontés aux réalités du terrorisme jihadiste moderne. Une atrocité n’en excuse aucune autre. Mais cela montre que le comportement des croisés à Jérusalem fut comparable à celui d’autres armées de la même époque – puisque tous souscrivaient aux mêmes règles de siège et de résistance.

Ainsi, en 1148, le commandant musulman Nur ed-Din n’hésita pas à donner l’ordre de tuer tout Chrétien à Alep. En 1268, lorsque les forces jihadistes du sultan mamelouk Baybars prirent Antioche aux croisés, Baybars fut ennuyé de découvrir que le dirigeant latin, le comte Bohémond IV, avait déjà quitté la cité. Il lui écrivit pour s’assurer qu’il ait connaissance de ce que ses troupes avaient commis à Antioche :

Que n’as-tu vu tes chevaliers prosternés sous les sabots des chevaux, tes demeures subir l’assaut des pillards et saccagées par eux, tes richesses pesées au quintal, tes dames vendues par quatre et achetées pour un dinar de ton propre argent ! Tu aurais vu les croix de vos églises brisées, les pages des faux Testaments éparpillées, les tombeaux des patriarches retournés. Tu aurais vu ton ennemi musulman piétiner l’endroit où vous célébrez la messe, couper la gorge des moines, des prêtres et des diacres sur les autels, amener une mort brutale aux patriarches et l’esclavage aux princes royaux. Tu aurais vu le feu parcourir tes palais, tes morts brûler en ce monde avant de tomber dans les feux du suivant, ton palais rendu méconnaissable, l’église Saint-Paul et la cathédrale Saint-Pierre démolies et détruites ; alors tu aurais dit, « Que ne suis-je poussière, et qu’aucune lettre ne m’ait jamais amené de telles nouvelles! » [11]

La plus célèbre de toutes est peut-être la prise de Constantinople par les jihadistes le 29 mai 1453, lorsque – tout comme les croisés en 1099 à Jérusalem – les attaquants vinrent à bout de la résistance au terme d’un siège prolongé. Ici coulent à nouveau des rivières de sang, comme le note l’historien Steven Runciman. Les soldats musulmans « tuèrent toute personne qu’ils trouvèrent dans les rues, hommes, femmes, enfants, sans discrimination. Le sang ruisselait depuis les rues escarpées des hauteurs de Petra jusqu’à la Corne d’Or. Mais bientôt le désir de massacre fut assouvi. Les soldats réalisèrent que des captifs et des objets précieux leur apporteraient un plus grand bénéfice ». [12]

Comme les croisés, qui violèrent les sanctuaires à la fois de la synagogue et de la mosquée, les Musulmans saccagèrent couvents et monastères, les vidant de leurs habitants, et pillèrent les résidences des particuliers. Ils pénétrèrent dans Sainte-Sophie, qui pendant près de mille ans avait été la plus majestueuse des églises de la Chrétienté. Les fidèles s’étaient rassemblés dans ses murs bénis pour prier durant les ultimes souffrances de la ville. Les Musulmans interrompirent la célébration de l’orthros (matînes), et les prêtres, selon la légende, emportèrent la vaisselle sacrée et disparurent dans la muraille orientale de la cathédrale, par laquelle ils reviendront un jour achever le service divin. Les plus âgés et les plus faibles furent mis à mort, les autres réduits en esclavage.

Lorsque le massacre et le pillage furent terminés, le sultan ottoman Mehmet II ordonna à un clerc islamique de monter en chaire à Sainte-Sophie et d’y proclamer le credo musulman (« il n’y a de dieu qu’Allah, et Mahomet est son prophète »). La magnifique vieille église devint mosquée ; des centaines d’autres, à Constantinople et ailleurs, subirent le même sort. Des millions de Chrétiens rejoignirent les misérables rangs des dhimmis ; d’autres furent asservis, et un grand nombre martyrisés.

Mythe PC: Le chef musulman Saladin était plus clément et magnanime que les croisés

L’une des plus célèbres figures des croisades est le guerrier musulman Saladin, qui rassembla une grande partie du monde islamique derrière lui et infligea de lourds revers aux croisés. À notre époque, Saladin est devenu le prototype du guerrier musulman tolérant et magnanime, la « preuve » historique de la noblesse de l’Islam et même de sa supériorité sur le mauvais Christianisme, occidental et colonialiste. Dans « Les Croisades vues par les Arabes », Amin Maalouf présente les croisés comme à peine plus que des sauvages, qui se gorgent même de la chair de leurs victimes. Mais Saladin ! « Il était toujours affable avec ses visiteurs, insistant pour les retenir à manger, les traitant avec tous les honneurs, même s’ils étaient des infidèles, et satisfaisant à toutes leurs demandes. Il ne pouvait accepter que quelqu’un vienne à lui et reparte déçu, et certains n’hésitaient pas à en profiter. Un jour, au cours d’une trêve avec les Franj [les Francs], le ‹ brins ›, seigneur d’Antioche, arriva à l’improviste devant la tente de Salaheddin et lui demanda de lui rendre une région que le sultan lui avait prise quatre ans plus tôt. Il la lui donna ! » [13] L’adorable nigaud ! Si on la lui avait demandée gentiment, il aurait peut-être donné la Terre Sainte toute entière !

En un sens, c’est vrai : Saladin se mit en campagne contre Jérusalem en 1187 parce que des croisés commandés par Renaud de Châtillon, ayant peut-être médité sur l’exemple du prophète Mahomet, s’étaient eux aussi mis à piller des caravanes, mais des caravanes musulmanes dans le cas présent. Les dirigeants chrétiens de Jérusalem ordonnèrent à Renaud de cesser, parce qu’ils savaient que ses agissements mettaient en danger la survie même du royaume. Mais il continua ; à la fin, Saladin, qui cherchait un prétexte pour entrer en guerre avec les Chrétiens, trouva motif à agir dans les incursions de Renaud. [14]

On fait grand cas de ce que Saladin traita les Chrétiens de Jérusalem avec magnanimité lorsqu’il reprit la ville en Octobre 1187 – en net contraste avec le comportement des croisés en 1099. Cependant, le vrai Saladin ne fut pas le proto-multiculturaliste, sorte de Nelson Mandela avant la lettre, qu’on fait de lui aujourd’hui. Lorsque ses troupes défirent les croisés de manière décisive à Hattin le 4 juillet 1187, il décréta l’exécution en masse de ses adversaires chrétiens. Selon son secrétaire, Imad ed-Din, Saladin « ordonna qu’ils soient décapités [conformément au verset coranique 47:4, « Lorsque vous rencontrez les incrédules, frappez-les à la nuque (…) »], choisissant de les voir morts plutôt qu’emprisonnés. Un cortège d’érudits islamiques et de soufis et un certain nombre d’hommes dévots et ascétiques l’accompagnaient ; chacun d’entre eux sollicitait d’être autorisé à participer à l’exécution, et tirait son sabre, et remontait ses manches. Saladin, le visage gai, siégeait sur son estrade ; les infidèles affichaient un noir désespoir ». [15]

En outre, quand Saladin et ses hommes entrèrent dans Jérusalem peu de temps après, leur magnanimité n’était guère que du pragmatisme. Il avait initialement prévu de mettre à mort tous les Chrétiens de la cité. Toutefois, il céda devant les avertissements du commandant chrétien de Jérusalem, Balian d’Ibelin, qui menaçait de détruire la ville et d’y tuer tous les Musulmans avant que Saladin n’y pénètre. Une fois dans la place, il réduisit néanmoins en esclavage nombre de Chrétiens qui n’avaient pas les moyens d’acheter leur sortie. [16]

Mythe PC : les Croisades furent lancées non seulement contre les Musulmans, mais aussi contre les Juifs

Il est malheureusement vrai que les croisés prirent les Juifs pour cible en plusieurs occasions. Certains groupes de croisés se sont crus autorisés à se détourner de la mission qui leur avait été assignée par le pape Urbain. Lors de la première croisade, excités par des prédicateurs antisémites, un contingent d’hommes qui faisaient route vers l’Orient se mirent à terroriser et à massacrer les Juifs d’Europe. Le comte Emich de Leiningen et ses troupes parcoururent la Rhénanie, tuant et pillant les communautés juives de cinq villes : Spire, Worms, Mayence, Trèves et Cologne. Certains évêques locaux tentèrent d’éviter ces massacres, et le comte Emich et sa suite trouvèrent finalement la mort en tentant d’étendre leur pogrom en Hongrie. Toutefois, le mal était fait ; les échos de ces « exploits » parvinrent au Moyen-Orient et décidèrent nombre de Juifs à s’allier avec les Musulmans et à combattre les croisés. Cinquante ans après, d’autres hommes, liés à la seconde croisade, reprirent le massacre de Juifs en Rhénanie.

Tout ceci est inexcusable, et constitue de plus une énorme erreur de jugement.

Il aurait été beaucoup plus sage de la part des croisés de voir dans les Juifs, confrères dhimmis, des alliés naturels dans la résistance au jihad islamique. Les Musulmans traitaient Juifs et Chrétiens à peu près de la même manière : mal. Il est dommage qu’aucun des deux groupes ne vit jamais en l’autre un compagnon d’infortune de la dhimmitude et un associé potentiel dans la lutte contre l’oppression. Cependant, même de nos jours, huit cents ans après la dernière croisade, ce genre de raisonnement reste rare, et il est donc peut-être injuste de l’attendre de la part des croisés.

De toute façon, peut-on dire que le mauvais traitement des Juifs a constitué un trait caractéristique des croisades en général ? Pas selon les sources historiques. L’appel à la première croisade d’Urbain II lors du concile de Clermont ne dit pas un mot des Juifs, et le clergé fut le principal adversaire d’Emich de Leiningen. En fait, le pape Urbain lui-même condamna les attaques du comte. Bernard de Clairvaux, l’un des principaux planificateurs de la deuxième croisade, se rendit en Rhénanie et mit fin lui-même aux persécutions dont étaient victimes les Juifs, déclarant : « Les Juifs ne doivent point être persécutés, ni mis à mort, ni même bannis. Interrogez ceux qui connaissent la divine Écriture. Que lit-on de prophétisé dans le Psaume, au sujet des Juifs ? Dieu, dit l’Église, m’a donné une leçon au sujet de mes ennemis : ‹ ne les tuez pas, de crainte que mes peuples ne m’oublient.› » [17] Les papes et les évêques appelèrent à maintes reprises à ce que l’on cesse de maltraiter les Juifs.

Même après le carnage et le massacre des Juifs lors de la prise de Jérusalem, durant la période d’existence des états latins d’Outre-mer, les Juifs préférèrent en général vivre dans les zones contrôlées par les Francs, et ce en dépit de l’indéniable hostilité que les Chrétiens d’Europe manifestaient à leur égard. [18] Ils savaient que le sort qui les attendait dans les territoires musulmans était pire encore.

Mythe PC : Les croisades furent plus sanglantes que les campagnes de jihads islamiques.

Les croisés commirent un massacre à Jérusalem; Saladin et ses troupes non. C’est devenu emblématique de ce que la culture populaire sait des croisades: oui, les Musulmans conquéraient, mais les habitants des pays vaincus leur faisaient bon accueil. Ils étaient justes et magnanimes envers les minorités religieuses de leurs territoires. Par contre, les croisés étaient sanguinaires, rapaces, et impitoyables.

Nous avons montré que ce que la culture populaire dit sur ce sujet était complètement erroné. Saladin ne s’abstint de massacrer les habitants de Jérusalem que par pragmatisme, et les conquérants musulmans ont aisément égalé et surpassé la cruauté des croisés à Jérusalem en plusieurs occasions. Les conquérants musulmans n’étaient pas les bienvenus, mais se voyaient opposer une résistance tenace, et y répondaient avec une extrême brutalité. Une fois au pouvoir, ils instauraient de dures mesures répressives contre les minorités religieuses.

Le pape a-t-il demandé pardon pour les croisades?

« Très bien », pourriez-vous dire, « mais en dépit de tout que vous racontez, les croisades restent une tache sur la réputation de la civilisation occidentale. Après tout, même le pape Jean Paul II a présenté des excuses à leur sujet. Pourquoi aurait-il fait cela si elles n’étaient pas considérées aujourd’hui comme des actions réprimandables ? »

L’idée que le pape Jean Paul II ait demandé pardon pour les croisades est en effet très répandue. À sa mort, le Washington Post rappela à ses lecteurs que « durant son long pontificat, Jean Paul II présenta ses excuses aux Musulmans pour les croisades, aux Juifs pour l’antisémitisme, aux Orthodoxes pour le sac de Constantinople, aux Italiens pour les liens du Vatican avec la Mafia et à la communauté scientifique pour la persécution de Galilée. » [19]

Vaste liste, mais Jean Paul II ne demanda jamais pardon pour les croisades. La chose qui s’en rapproche le plus que l’on puisse trouver est cet extrait de son homélie du 12 mars 2000, « journée du Pardon » : « nous ne pouvons manquer de reconnaître les infidélités à l’Évangile qu’ont commises certains de nos frères, en particulier au cours du second millénaire. Demandons pardon pour les divisions qui sont intervenues parmi les chrétiens, pour la violence à laquelle certains d’entre d’eux ont eu recours dans le service à la vérité, et pour les attitudes de méfiance et d’hostilité adoptées parfois à l’égard des fidèles des autres religions. » [20] On ne peut pas dire que cela constitue des excuses explicites pour les croisades. Quoiqu’il en soit, au vu de la véritable histoire des croisades, de telles excuses ne se justifient pas.

Les croisés ne méritent pas la condamnation du monde, mais plutôt – comme nous allons le voir – sa gratitude.

______________
[1] Foucher de Chartres, « Historia Hierosolymitana », Livre III chapitre 37, dans « Recueil des historiens des croisades, historiens occidentaux », p. 468.
[2] « Histoire anonyme de la première croisade », éditée et traduite par Louis Bréhier, Paris, Éditions “Les Belles Lettres”, 1964 (1924), pp. 195-207.
[3] « Inventaire des lettres historiques des croisades », Archives de l’Orient Latin, New York, AMS Press, 1978 (1881), pp. 201-204. Traduction prise dans J.F.A. Peyré, « Histoire de la Première Croisade », Paris, Aug. Durand, 1859, vol. 2, pp. 494-498.
[4] Moshe Gil, « A History of Palestine 634-1099 », Cambridge University Press, 1992, p. 827.
[5] Francesco Gabrieli, « Chroniques arabes des Croisades», Actes Sud, 197x, p.xx. Aussi chez Amin Maalouf, «Les Croisades vues par les Arabes», 1983, chap. 3 (p. 69 dans l’édition de poche chez J’ai Lu)
[6] Discours tenu par B. Clinton à l’Université de Harvard le 19 novembre 2001
[7] Amin Maalouf, «Les Croisades vues par les Arabes», 1983, prologue à l’ouvrage (p. 10 dans l’édition de poche chez J’ai Lu)
[8] Jacques Heers, « La première croisade – Libérer Jérusalem 1095-1107 », éditions Perrin, collection Tempus, 1995, p. 225.
[9] Les croisés reniant leur promesse, voir Moshe Gil, « A History of Palestine 634-1099 », Cambridge University Press, 1992, p. 827. Les croisés laissant s’enfuir certains, voir Thomas F. Madden, « The New Concise History of the Crusades », Rowman & Littlefield, 2005, p. 34.
[10] Cité par C. Hillenbrand, « The Crusades: Islamic Perspectives », Oxford: Routledge, 2000, p. 64-65. Aussi en version écourtée chez Amin Maalouf, «Les Croisades vues par les Arabes», 1983, chap. 3 (p. 69 dans l’édition de poche chez J’ai Lu)
[11] Francesco Gabrieli, « Chroniques arabes des Croisades », Actes Sud, 197x, p. 3xx. Aussi en version écourtée chez Amin Maalouf, «Les Croisades vues par les Arabes», 1983, chap. 14 (p. 285 dans l’édition de poche chez J’ai Lu)
[12] Steven Runciman, « The Fall of Constantinople 1453 », Cambridge University Press, 1965, p. 145. Voir aussi Jacques Heers, « Chute et mort de Constantinople 1204-1453 », éditions Perrin, 2005, p. 254.
[13] Amin Maalouf, «Les Croisades vues par les Arabes», 1983, chap. 10 (p. 208 dans l’édition de poche chez J’ai Lu)
[14] Thomas F. Madden, « The New Concise History of the Crusades », Rowman & Littlefield, 2005, p. 74.
[15] Thomas F. Madden, « The New Concise History of the Crusades », Rowman & Littlefield, 2005, p. 76.
[16] Thomas F. Madden, « The New Concise History of the Crusades », Rowman & Littlefield, 2005, p. 78.
[17] St Bernard de Clairvaux, « lettre 363 adressée au clergé d’Occident»,
[18] Jonathan Riley-Smith, « The Oxford Illustrated History of the Crusades », Oxford University Press, 1997, 116.
[19] Alan Cooperman, « For Victims, Strong Words Were Not Enough», Washington Post, 3 avril 2005.
[20] Pape Jean Paul II, « Messe pour la journée du Pardon de l’année sainte 2000 », 12 mars 2000

Posted by ajm as Ch. 11 - Croisades: mythe et réalité at 10:00 AM UTC

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April 14th, 2006

Et si les Croisades n’avaient jamais eu lieu?

Si les croisades n’avaient jamais eu lieu, dans quel genre de monde vivrions-nous aujourd’hui ? La paix, la compréhension et la bonne volonté règneraient-elles entre Chrétiens et Musulmans ? Le monde islamique serait-il exempt de la suspicion, voire de la pure paranoïa chronique avec laquelle il regarde si souvent ce qui vient de l’Occident ? Après tout, selon Amin Maalouf, « l’on ne peut douter que la cassure entre ces deux mondes date des croisades, ressenties par les Arabes, aujourd’hui encore, comme un viol. » [1]

Ou bien le monde serait-il différent d’une autre manière, plus inattendue ? Le nom de « Mosquée Saint-Pierre de Rome » vous donne-t-il un indice ?

Mythe P.C.: les croisades n’ont servi à rien

En considérant la poursuite ininterrompue du jihad par les Musulmans jusqu’au coeur de l’Europe, l’incapacité des croisés à implanter des états stables ou à maintenir une présence en Terre Sainte et l’hostilité que les croisades ont indubitablement semée non seulement entre Chrétiens et Musulmans, mais aussi entre Chrétiens d’Orient et d’Occident, la plupart des historiens ont conclu que les croisades avaient échoué.

Après tout, leur objectif avait été de protéger les pèlerins chrétiens en Terre Sainte. C’est la raison pour laquelle les états d’Outre-Mer furent établis. Mais après la deuxième croisade, ces états se retrouvèrent très amoindris, et leur situation alla en s’aggravant ; après 1291, on n’en trouve plus trace. Et les croisés n’empêchèrent pas non plus que les guerriers musulmans passent en Europe.

Cependant, on peut noter que le niveau de l’impulsion islamique en Europe a diminué de manière significative pendant l’ère des croisades. Les conquêtes de l’Espagne, du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord, le premier siège de Constantinople, tous ces faits sont antérieurs à la première croisade. Les batailles de Kosovo Polje et de Varna, qui annoncèrent le retour de l’expansionnisme islamique en Europe de l’Est, ont eu lieu après l’effondrement des derniers domaines croisés au Moyen-Orient.

Qu’accomplirent les croisades ? Grâce à elles, l’Europe gagna du temps et ce délai a peut-être fait la différence, en lui permettant de se relever et de recouvrer son éclat au lieu de disparaître et de connaître la dhimmitude. Si Godefroy de Bouillon, Richard Cœur de Lion et tant d’autres n’avaient pas risqué leur vie pour défendre l’honneur du Christ et de l’Église à des milliers de kilomètres de chez eux, les jihadistes auraient presque certainement déferlé sur l’Europe bien plus tôt. Non seulement les forces croisées les immobilisèrent à une période cruciale, les forçant à combattre pour la possession d’Antioche et Ascalon plutôt que de Varna et Vienne, mais en plus elles rassemblèrent des armées qui n’auraient pas existé sinon. L’appel du pape Urbain fédéra des hommes autour d’une cause ; si cette cause n’avait pas existé, ou si personne ne l’avait fait connaître à travers l’Europe, beaucoup de ces hommes n’auraient jamais été des soldats. Ils auraient été bien mal préparés pour repousser une invasion musulmane de leur patrie.

Les croisades ont en définitive été la raison pour laquelle la vision d’Edward Gibbon de « l’interprétation du Coran (…) enseignée dans les collèges d’Oxford » ne s’est jamais accomplie.

Ce n’est pas négligeable. C’est de l’Europe chrétienne, après tout, quoique l’establishment PC soit peu enclin à le reconnaître, que sont venus la plupart des découvertes et progrès scientifiques, technologiques et philosophiques. Nous avons déjà examiné l’une des principales raisons pour lesquelles la science s’est développée dans le monde chrétien plutôt que dans le monde musulman : les Chrétiens croient en un univers logique et cohérent régi par un Dieu bienveillant ; les Musulmans croient en univers régi par un Dieu dont la volonté est si absolue que la logique et la cohérence en sont exclues.

Mais les implications de cette différence philosophique majeure ne pourraient avoir vu le jour sans la liberté. Cette liberté n’était disponible ni pour les Chrétiens ni pour les autres non-Musulmans ayant l’infortune de vivre sous le joug islamique. En fait, toutes les communautés qui au cours des siècles tombèrent sous la domination musulmane furent finalement réduites à l’état de minuscules minorités, sans caractère culturel propre – et ce quelles qu’aient été leur taille et l’éclat de leurs accomplissements antérieurs à la conquête musulmane. Bien sûr, peu de peuples conquis ont évité ce sort. Les seuls peuples qui échappèrent à la dhimmitude musulmane sont ceux qui surent résister au jihad islamique : les Chrétiens d’Europe et les Hindous d’Inde.

D’autres ne furent pas si chanceux.

Cas d’école: les Zoroastriens

Aurait-ce vraiment été si terrible, si les Musulmans avaient conquis l’Europe ? Après tout, les Chrétiens auraient toujours pu y pratiquer leur religion. Ils auraient juste dû supporter un peu de discrimination, non ?

Bien qu’ « un peu de discrimination » soit tout ce que la plupart des apologistes veuillent bien reconnaître dans la dhimmitude, les effets à long terme de la dhimma furent bien plus funestes que cela pour les non-Musulmans. Des siècles après la conquête musulmane de l’Égypte, la grande majorité des gens y était toujours chrétiens, de rite copte. Et pourtant de nos jours les Coptes représentent à peine 10% de la population égyptienne.

Le récit est le même pour toute communauté non-musulmane qui soit entièrement passée sous domination islamique.

Les Zoroastriens, ou Parsis, sont les fidèles du prêtre et prophète perse Zoroastre, ou Zarathoustra (628—551 avant J.-C.). Avant l’arrivée de l’Islam, le Zoroastrisme (ou Mazdéisme) fut longtemps la religion officielle de la Perse (de nos jours, l’Iran), et fut même la religion dominante lorsque l’empire perse s’étendait de la mer Égée aux rives de l’Indus. On trouvait des Zoroastriens depuis la Perse jusqu’en Chine. Mais après la conquête islamique de la Perse, les Zoroastriens se virent assigner le statut de dhimmi et firent l’objet de cruelles persécutions, et souvent de conversions forcées. Beaucoup se réfugièrent en Inde pour échapper à l’emprise musulmane, pour s’y retrouver à nouveau la proie des jihadistes lorsque les Musulmans commencèrent à s’avancer en Inde.

Les souffrances endurées par les Zoroastriens sous la coupe de l’Islam ressemblent de façon saisissante à celles connues par les Juifs et les Chrétiens un peu plus à l’ouest, et elles perdurèrent à l’époque moderne (et jusqu’à ce jour même, sous la mollahcratie iranienne). En 1905, un missionnaire du nom de Napier Malcolm publia un livre dans lequel il relatait ses aventures parmi les Zoroastriens de la ville persane de Yazd.

Jusqu’en 1895, aucun Parsi (Zoroastrien) n’était autorisé à porter un parapluie. Et encore du temps où j’étais à Yazd, ils ne pouvaient en utiliser en ville. Jusqu’en 1895 existait une forte interdiction quant aux monocles et aux lunettes; jusqu’en 1885, il leur était interdit de porter des bagues ; leurs ceintures devaient être faites de grosse toile, mais après 1885 toute étoffe blanche fut autorisée.Jusqu’en 1896 les Parsis avaient l’obligation d’entortiller leurs turbans plutôt que de les plier. Jusqu’en 1898, seuls le brun, le gris, et le jaune étaient admis pour leur qaba [manteau externe] ou leur arkhaluq [sous manteau] (vêtements de corps), mais par la suite toutes les couleurs leur furent permises à l’exception du bleu, du noir, du rouge vermillon et du vert. Il y avait également une interdiction sur les bas blancs, et jusqu’aux environs de 1880 les Parsis devaient porter un genre particulier de chaussures particulièrement affreuses, aux extrémités retroussées. Ils durent porter un chapeau déchiré jusqu’en 1885. Jusqu’en 1880, ils durent porter une sorte de culotte serrée et unie au lieu du pantalon. Jusqu’en 1891, les Zoroastriens ne pouvait que marcher s’ils étaient en ville, et même dans le désert ils devaient descendre de cheval s’ils venaient à rencontrer un Musulman de quelque rang que ce soit. Durant le temps où je fus à Yazd, ils furent autorisés à se déplacer à cheval dans le désert et à ne mettre pied à terre que s’ils rencontraient un Musulman de haut rang. Il y avait encore d’autres restrictions vestimentaires, trop nombreuses et trop futiles pour être mentionnées.

Et puis les maisons des Parsis et des Juifs, et leurs murs d’enceinte, devaient être construits si basses que le dessus puisse en être atteint par un Musulman tendant le bras ; cependant, ils pouvaient creuser et les bâtir au-dessous du niveau de la route. (…) Jusqu’aux environs de 1860, les Parsis ne pouvaient pas faire de commerce. Ils cachaient donc des marchandises dans leurs caves, et les vendaient en secret. Ils peuvent maintenant négocier dans les caravansérails et les hôtelleries, mais pas dans les bazars, et ils ne peuvent pas vendre d’étoffe en lin. Jusqu’en 1870, ils n’étaient pas autorisés à avoir d’école pour leurs enfants.

Le montant de la jizyah , ou taxe sur les infidèles, diffère selon la richesse de chaque Parsi, mais n’est jamais inférieur à deux toman [10.000 dinars]. Un toman vaut maintenant à peu près trois shillings et huit pence, mais cela représentait beaucoup plus par le passé. Même maintenant, alors que l’argent s’est beaucoup déprécié, cela représente 10 jours de salaire d’un ouvrier. La somme doit être payée sur le champ, lorsque le farrash [littéralement, un balayeur de tapis ; en réalité un domestique, oeuvrant principalement à l’extérieur] qui fait office de percepteur est rencontré. Le farrash a la liberté de faire ce qui lui plait lorsqu’il collecte la jizyah. L’homme (l’infidèle qui se voit imposé) n’est pas autorisé à rentrer chez lui pour chercher l’argent et peut être battu immédiatement jusqu’à ce qu’il paie. Vers 1865, un farrash qui collectait cet impôt attacha ensemble un homme et un chien, et donna des coups à l’un et l’autre à tour de rôle.

Vers 1891 un mujtahid attrapa sur une des places publiques de la ville un marchand zoroastrien qui portait des bas blancs. Il ordonna que l’homme soit battu et que ses bas lui soient enlevés. Vers 1860, un homme d’une septantaine d’années se rendit au bazar vêtu d’un pantalon de grosse toile blanche. Il fut tabassé, et renvoyé chez lui son pantalon sous le bras. Parfois, des Parsis furent forcés à rester debout sur une jambe dans la maison d’un mujtahid jusqu’à ce qu’ils consentent à payer une somme d’argent considérable. [2]

 

Que produit le fait d’être forcé à vivre de cette façon durant une longue période ? La réponse est dans les chiffres : Après presque 1.400 ans de vie en tant que dhimmis et d’observation de la vraie nature de la « tolérance islamique », les Zoroastriens constituent aujourd’hui moins de 2% de la population iranienne (et moins encore en Inde où ils se réfugièrent). D’Afghanistan, où le Zoroastrisme prospérait aussi par le passé, les Zoroastriens sont aujourd’hui virtuellement absent. Ce n’est pas une surprise : la conversion à l’Islam fut bien souvent la seule façon pour ces gens persécutés de pouvoir espérer vivre une vie décente.

Si les croisés n’avaient pas retenu les Musulmans, et que les jihads islamiques étaient finalement venu à bout de la chrétienté, les Chrétiens d’Europe auraient-ils fini eux aussi par former une insignifiante minorité, comme leurs coreligionnaires du Moyen-Orient (où le Christianisme fut autrefois dominant) et comme les Zoroastriens ? Les accomplissements de la civilisation chrétienne européenne auraient-ils été eux aussi tenus pour billevesées, ainsi que les sociétés islamiques tendent à considérer la « période d’ignorance préislamique » de leur passé ?

Les concepts d’égalité de droits et de dignité pour tous les hommes, qui émergèrent du Christianisme et qui sont en conflit de plusieurs façons avec la loi islamique, seraient-ils connus de nos jours en Europe et en Amérique ?

Cas d’école: les Assyriens

Nous retrouvons plus ou moins la même histoire avec l’Église Assyrienne d’Orient. C’est l’ancienne Église d’Edesse, la ville qui devait devenir le centre du premier royaume latin établi par les croisés. Aux IVème et Vème siècles, les relations de cette église avec ses sœurs plus occidentales se firent de plus en plus tendues, jusqu’à ce qu’en 424 l’Église d’Orient déclare finalement lors d’un synode que son chef, le Catholicos de Séleucie-Ctésiphon (la capitale perse), ne reconnaissait plus l’autorité des Églises de Rome ou d’Antioche, et se considérait leur égal. Par la suite, les Assyriens adoptèrent quant à la nature du Christ les opinions de Nestor, patriarche de Constantinople destitué pour hérésie par le troisième concile œcuménique réuni à Ephèse en 431. Cela éloigna plus encore les Assyriens des Chrétiens byzantins et latins. Après 424 et pendant des siècles, les Assyriens n’eurent plus que peu ou pas de contact avec les grandes Églises de Constantinople et de Rome.

Durant ces siècles, les Assyriens s’avérèrent compter parmi les plus énergiques missionnaires que la Chrétienté ait jamais connus. À une certaine époque, l’Église Nestorienne étendait son influence depuis la Méditerranée jusqu’à l’Océan Pacifique. Des Chrétiens nestoriens pouvaient être trouvés partout en Asie centrale ainsi que dans l’Empire byzantin, et en particulier au Moyen-Orient et en Égypte. À leur apogée, les Assyriens entretenaient des évêchés métropolitains en Azerbaïdjan, en Syrie, à Jérusalem, à Pékin, au Tibet, en Inde, à Samarkand, à Edesse et en Arabie (à Sana, au Yémen actuel), ainsi que des églises d’Aden à Bombay et Shanghai. Le missionnaire nestorien Alopen alla prêcher l’évangile en Chine en 635 ; la première église chinoise fut terminée trois ans plus tard. Au VIIIème siècle, il se trouvait suffisamment de croyants nestoriens en Chine pour que plusieurs diocèses y soient constitués ; un empereur chinois appela le Christianisme « la doctrine lumineuse » et favorisa sa croissance.

Cependant, les nuages annonçant la tempête s’accumulaient à l’horizon. À la fin du VIIème siècle, le calife Muawiya II (683-684) recourut à la persécution et détruisit de nombreuses églises lorsque le Catholicos refusa de lui livrer de l’or. Les exactions continuèrent sous le calife Abd al-Malik (685-705). Le calife abbasside al-Mahdi (775-786) remarqua que les Assyriens avaient bâti de nouvelles églises depuis la conquête musulmane, en violation des lois de la dhimma, le « pacte de protection » ; il ordonna leur destruction. Cinq mille Chrétiens de Syrie se virent offrir le choix entre la conversion à l’Islam et la mort. Le successeur d’al-Mahdi, Haroun al-Rachid (786-809), fit détruire d’autres églises encore. Un demi-siècle plus tard, le calife al-Mutawakkil (847-861) entreprit la persécution systématique de l’Église. Des émeutiers et des foules avides de pillage prirent pour cible les Chrétiens de Bagdad et des environs à plusieurs reprises aux IXème et Xème siècles. Nombre des églises détruites et des Chrétiens pris pour victimes appartenaient au culte assyrien. À la même époque, en Chine, un nouvel empereur lança de si cruelles persécutions que des missionnaires nestoriens déclarèrent avoir trouvé une Église totalement anéantie lors d’une visite qu’ils y firent en 981. L’Église Assyrienne continua néanmoins d’attirer un grand nombre de convertis, entre autres parmi les Turcs, et maintint une présence en Chine. À la fin du XIIIème siècle, un Nestorien fut gouverneur de la province chinoise du Gansu.

Les Assyriens souffrirent à nouveau lorsque les Musulmans reprirent Antioche aux croisés en 1268. Beaucoup d’entre eux furent réduits en esclavage, et leurs églises furent démolies ; un évêque assyrien fut lapidé, et son corps exposé aux portes de la ville, en guise d’avertissement aux Chrétiens. Suite à d’autres attaques menées par les Arabes, les Kurdes et les Mongols durant les XIIème et XIIIème siècles, un nombre incalculable d’Assyriens furent tués ou asservis. Mais le pire fut le fait du chef mongol Tamerlan, qui, dévoué Musulman, mena de furieuses campagnes de jihad contre les Nestoriens et dévasta leurs villes et leurs églises. Ce fut une guerre totale contre les Chrétiens assyriens : Tamerlan leur offrit le choix entre la conversion à l’Islam, la dhimmitude, ou la mort. En 1400, les vastes domaines nestoriens n’étaient plus ; le Christianisme avait presque totalement disparu de Perse, d’Asie Centrale et de Chine. [3]

Après cela, pratiquement tous les Nestoriens vécurent comme dhimmis sous la férule musulmane. Et, comme celle des Zoroastriens, leur communauté s’étiola, finissant, sous le poids implacable de cette injustice institutionnalisée qu’est la dhimma, par ne plus constituer qu’un insignifiant vestige.

Si les Chrétiens d’Europe avaient subi le même sort, il est fort possible que le monde n’aurait jamais pu connaître les œuvres de Dante Alighieri, ou de Michel-Ange, ou de Léonard de Vinci, ou de Mozart, ou de Bach. Il est probable que ni un El Greco, ni un Giotto, ni un Olivier Messiaen n’auraient vu le jour. Une communauté qui doit dépenser toute son énergie juste pour survivre s’intéresse difficilement aux arts et à la musique.

Peut-être les croisades ont-elles en fait rendu possible le plein épanouissement de la civilisation européenne.

______________________________
[1] Amin Maalouf, «Les Croisades vues par les Arabes», 1983, conclusion de l’ouvrage (p. 304 dans l’édition de poche chez J’ai Lu )
[2] Napier Malcolm, «Five Years in a Persian Town» (New York: E. P. Dutton, 1905), 45-50. Cité par Andrew G. Bostom dans «The Islamization of Europe», FrontPageMagazine.com, 31 décembre 2004.
[3] E. A. Wallis Budge (traduction), «The Monks of Kublai Khan, Emperor of China», The Religious Tract Society, 1928.

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Entre Mahomet et Jésus

[encadré p.168]
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« Vous serez haïs de tous à cause de mon nom. Mais celui qui tiendra jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé »

Jésus, Évangile selon Marc 13-13

« Vous avez eu un beau modèle en Abraham et en ceux qui crurent avec lui, quand ils dirent à leur peuple : ‹Nous vous désavouons, vous et ce que vous adorez en dehors d’Allah. Nous vous renions. Qu’entre vous et nous paraissent l’inimitié et la haine, à tout jamais, jusqu’à ce que vous croyiez en Allah uniquement ! › »

Coran, 60:4

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Le saviez-vous?

Chapitre 13, p.159, colonne “Le Saviez-vous?”]
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♦ Bien que les croisades aient échoué à réaliser leur objectif principal, elles ont joué un rôle clef en éloignant le jihad de l’Europe.
♦ Les populations qui ont vécu dans les « sociétés islamiques tolérantes et pluralistes » de jadis se sont étiolées, finissant par ne plus constituer que des minorités négligeables, harcelées et méprisées.
♦ Le dégoût musulman des infidèles est une constante de l’histoire islamique qui persiste de nos jours.

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